À l’image d’une séquence filmée suivant les déambulations quotidiennes d’une Parisienne, Nicolas Di Felice a imaginé une proposition de garde-robe à porter du matin au soir. Les silhouettes évoluent dans une rue à la fois familière et surréaliste, imaginée par le directeur artistique et son collaborateur de longue date, le scénographe Rémy Brière. À chaque instant, leur allure se fond dans les ambiances sonores capturées à Paris et mêlées aux notes d’une bande originale co-composée avec Erwan Sene. Vingt-quatre heures s’écoulent dans la vie d’une femme Courrèges.
D’un geste, le drap l’enveloppe, formant une robe pour l’entracte. Le jour se lève dans la blancheur du satin, le corps s’étirant avec aisance sur le tissu hybride. Ces pièces s’inspirent des archives de la maison des années 1960 à 1980, laissant progressivement place à des manteaux de jour. Leurs multiples boutons-pression, leurs coupes trapézoïdales, leurs ensembles en vinyle, leurs zips injectés et autres détails de confection sont empruntés aux codes de la maison.
La journée se poursuit. Des références urbaines ornent les silhouettes, brodées de tickets de métro en organza et de denim effet caviar. Libérées et dynamiques, elles évoquent les films de Chantal Akerman et célèbrent le passage du temps, glissant d’un ascenseur à un taxi.
Les tenues de soirée, ornées de tickets de vestiaire brodés ou de perles de verre, reflètent l’éclat des lumières tamisées et des néons fragmentés. Tard dans la nuit, la femme Courrèges retrouve son côté herbacé, drapée dans une robe tubulaire noire à la structure géométrique.
Cette saison marque l’arrivée d’un nouveau sac : le « Shadow », dont les multiples couleurs s’allient à une forme minimaliste, signature de Nicolas Di Felice. Jersey, cuir synthétique, tissage caviar : des matières dont la grande souplesse permet aux objets qu’il renferme d’y laisser une empreinte éphémère.
Le final arrive, accompagné d’une musique qui monte en puissance. Les mannequins réapparaissent, chacune vêtue d’une pièce de la collection, mais cette fois-ci entièrement blanche. Un hommage au code ultime de Courrèges, qui reflète la lumière et incarne le minimalisme de la marque comme une toile vierge sur laquelle chaque saison pose son récit.
« 24 Heures dans la Vie d’une Femme Courrèges » célèbre le cinquième anniversaire du premier défilé de Nicolas Di Felice pour la Maison. En sublimant les gestes du quotidien, la collection Automne/Hiver 2026 explore l’équilibre entre l’intimité des textiles et l’intensité du réel, profondément ancré dans la philosophie de Courrèges.

