Défilé Gucci automne-hiver 2026

par | 28 Fév 2026 | DEFILES, NEWS

 

 

Demna fait ses débuts avec une collection moulante Gucci dans un temple romain

Le créateur Demna n’a jamais fait dans la demi-mesure et son audacieuse collection moulante pour la maison Gucci, présentée vendredi dans un temple romain féerique construit pour l’occasion à Milan, n’a pas fait exception.

 

 

 

 

Pour le défilé le plus attendu de l’année dans le monde de la mode, le maestro géorgien a dévoilé sa première collection complète dans un décor monumental. Un espace gigantesque, utilisé pendant la pandémie de Covid pour immuniser la population milanaise.

Inspiré par une visite à la Galerie des Offices à Florence, ville natale de Gucci, Demna a construit un fantastique stade de style rationaliste, orné de dix reproductions géantes de statues, notamment de la déesse Niobé et du jeune empereur Marcel.

À Paris, Demna avait connu un grand succès lors de ses dix années passées chez Balenciaga. À Milan, il a complètement réinventé la silhouette Balenciaga pour Gucci. Fini les jupes cocon, les robes de bal volumineuses et les grands manteaux métalliques de son époque parisienne. Place à la collection la plus moulante jamais vue chez Gucci, voire chez quasiment aucune autre marque milanaise depuis des lustres.

Le défilé s’ouvrait sur un mannequin longiligne et affûté, vêtu d’une robe cocktail blanche ultra-serrée, arpentant le podium de 100 mètres avec une intensité palpable, les doigts tendus comme pour fumer une cigarette. Il se terminait en apothéose avec Kate Moss dans une robe fourreau à sequins ultra-sexy, le dos entièrement dévoilé jusqu’à la fente. Demna avait même ajouté une boucle à double G ornant sa culotte.

Entre ces deux dates, 83 silhouettes mettaient en scène des femmes fatales à l’allure discrètement chic et des rock stars, emmenées par Emily Ratajkowski dans une micro-robe scintillante, le tout présenté dans un show d’une grande précision. Lors d’un défilé mixte, des fantasmes homoérotiques et des jeunes hommes musclés, habitués des boîtes de nuit, arboraient des pantalons de cuir brut, des débardeurs en soie ou des blousons de motard ultra-moulants, le tout accessoirisé de sacs Gucci monogrammés portés à l’épaule.

Il s’agissait d’une prise de risque audacieuse de la part de Demna pour Gucci, la marque phare du groupe de luxe français Kering, dont le chiffre d’affaires a chuté de 13 % l’an dernier pour atteindre 14,7 milliards d’euros. Un nouveau faux pas pour Gucci – qui a licencié son dernier créateur après 18 mois – serait catastrophique pour le groupe parisien.

On retrouvait tout de même quelques looks rassurants, mais toujours empreints d’une certaine élégance bourgeoise : des tailleurs-pantalons noirs en soie, des doudounes cintrées portées avec des leggings et de nouvelles versions tendance de la robe à imprimé floral Primavera, un motif que Demna a étudié aux Offices, et dont il est tombé amoureux des statues. Sans oublier que le Gucci Garden de Florence se situe sur la même place que le célèbre musée. Et nommer la collection Primavera, soit printemps en français, même si les vêtements sont destinés à l’automne/hiver 2026/27.

« J’ai été tellement bouleversé par ce que j’ai vu et par la prise de conscience que la Renaissance italienne occupe une place si importante dans ma culture, dans ma connaissance de l’art et des proportions corporelles. Et que Gucci est une composante essentielle de la culture italienne, au même titre que Botticelli ou Michel-Ange », a expliqué Demna en coulisses.

Il a été assailli par les fans et chaleureusement félicité par Demi Moore et son chihuahua Pilaf, ainsi que par la star du tennis Aryna Sabalenka. Il a également reçu les accolades de ses collègues Donatella Versace et Alessandro Michele. « Époustouflant ! Tellement impressionnant », a commenté Donatella. « Magnifique ! », a ajouté Alessandro.

Interrogé sur son état d’esprit depuis son arrivée, le créateur d’origine géorgienne s’est exclamé : « Je voulais ressentir de l’énergie, de la passion, du plaisir et de la sensualité. On me demande sans cesse : « Comment te sens-tu ? » Et je réponds : « J’ai l’impression de tomber amoureux. » C’est un sentiment que je ne parviens pas vraiment à comprendre. »