FERRAGAMO | Automne-Hiver 2026 par Maximilian Davis

par | 28 Fév 2026 | DEFILES, NEWS

 

 

Pour l’Automne-Hiver 2026, Maximilian Davis continue d’explorer les années 1920, la période de la création de Ferragamo, à travers le langage qu’il a établi au sein de la maison. Le speakeasy fait son retour comme point central : un lieu de libération, un espace où les conventions de classe et d’identité sont bouleversées; et la collection s’inspire des personnages divers qui s’y mêlaient et l’animaient après la tombée de la nuit.

 

 

 

 

Le vestiaire des marins constituent un élément fondateur : ceux qui prenaient la mer pour offrir de meilleures conditions de vie à leurs familles. « C’est quelque chose que Salvatore et ma propre famille ont vécu; il a quitté son domicile en Italie pour l’Amérique avant de revenir, et ma famille a déménagé de Trinidad et de Jamaïque à Manchester », explique Davis. « Ils ont tous traversé l’eau pour découvrir de nouveaux départs. » Les uniformes de marins, et le statut qu’ils représentent, sont à la fois repensés et subvertis : les formes sont déconstruites, les boutons déplacés, les fermetures défaites. Leur garde-robe est également réinventée par le choix des matières : des mailles nautiques piqués à l’aiguille avec du chiffon pour structurer leur forme ; des parkas de travail réalisées en nappa texturé, leurs capuchons doublés de shearling.

Parallèlement aux vêtements utilitaires, émerge l’élégance libérée des tenues de soirée de l’époque : robes fines en velours lamé métallisé et jacquard floral; drapés décorés de volumes évoquant l’évolution des volants; manteaux cocon rappelant les silhouettes couture superposés sur des robes longues. Dans la collection, comme dans le speakeasy, ces univers se rencontrent & se mêlent.

Evoquée à travers les œuvres d’art de l’époque : le dynamisme évocateur des aquarelles proches du cubisme et le monochrome sépia de la photographie surréaliste; la palette de la collection semble teintée par le passage du temps. Ainsi, on retrouve des toiles de coton biologique et nylons recyclés teints après confection ou des cuirs matelassés projetés à l’aérographe. « C’est une tentative de traduire l’imaginaire du passé », explique Davis. « À l’époque, tout aurait été vibrant mais aujourd’hui, nous le voyons à travers le voile de l’histoire. » Ponctuée par les finitions métalliques polies Gancini, la collection devient ainsi un amalgame de passé et de présent.

 

 

 

 

Dans le vestiaire féminin, un nouvel escarpin stiletto pointu et une sling-back à profond décolleté, inspirés de la ballerine conçue par Salvatore Ferragamo en 1954, apparaissent & se déclinent en contrastes de couleurs évoquant les uniformes nautiques ou se parant de bijoux. Par ailleurs, l’architecture de la «Shell shoe»; technique pionnière de Salvatore Ferragamo des années 1950, où la semelle enveloppe le pied; inspire le détail curviligne des sandales dont le talon est hybridé avec la silhouette d’une semelle compensée.

Quant au vestiaire masculin, les Oxfords sont repensés sous un angle contemporain : proportions allongées et bouts surpiqués aux côtés d’un modèle monk fermé par un Hug et d’une bottine minimaliste et épurée.

Côté sacs; une nouvelle silhouette de sac graphique : fine, élégante et fermée par une plaque Gancini est introduite en trois tailles, tandis que l’iconique Hug se décline dans de nouvelles couleurs. Pour l’homme, un sac utilitaire porté en bandoulière est associé à une pochette Hug en veau tressé.