Changement à la tête de la création chez Courrèges. La marque française a officiellement annoncé ce 24 mars la fin de sa collaboration avec Nicolas Di Felice. Le créateur belge quitte son poste de directeur artistique pour se consacrer à de nouveaux projets personnels, au terme de cinq années marquées par une solide progression du positionnement et de l’image de la marque.
Sous la direction de Di Felice, qui a pris ses fonctions il y a cinq ans à la suite du mandat de deux ans de la créatrice Yolanda Zobel, Courrèges a connu une phase de profond renouvellement. Le créateur est parvenu à actualiser les codes emblématiques et l’esthétique spatiale de la maison, en mariant une « précision architecturale » à un langage à même de séduire les nouvelles générations. Son sac « Holy bag » constitue son hit-bag et ses blousons en vinyle sont des pièces fortes en image et commercialement efficaces.
La marque, qui est l’un des actifs de la holding de la famille Pinault, a remercié le créateur pour « sa contribution unique au réveil de la maison », soulignant que son travail a « permis à Courrèges de renouer avec l’audace et la modernité qui font partie intégrante de son identité ». Durant ces cinq ans, Courrèges est revenu sur le devant de la scène et s’est fortement développée ouvrant trois boutiques dans Paris, s’installant à New York et en Calirfornie ou ouvrant quatre points de vente en Corée-du-Sud.
Le départ de Di Felice ouvre désormais la voie à une nouvelle phase stratégique. Courrèges n’a pas encore dévoilé le nom de son successeur, mais a confirmé que l’annonce du nouveau directeur artistique interviendra la semaine prochaine. L’objectif est d’ouvrir un nouveau chapitre créatif afin de consolider encore la marque sur la scène de la mode contemporaine.
Di Felice a étudié la mode à l’école bruxelloise La Cambre, avant de travailler chez Balenciaga (dès 2008, sous l’ère Nicolas Ghesquière), chez Christian Dior, en 2014, auprès de Raf Simons, et chez Louis Vuitton, à partir de 2015, retrouvant Ghesquière et devenant senior designer du prêt-à-porter féminin de la maison française.
Dans sa dernière collection, présentée le 4 mars 2026, le designer belge proposait de plonger dans « 24 heures dans la vie d’une femme Courrèges », suivant les déambulations quotidiennes d’une Parisienne.
Pionnière du minimalisme de l’ère spatiale en France, la maison Courrèges est connue pour son style futuriste caractéristique et son obsession du blanc. Fondée en 1961 par André et Coqueline Courrèges, la maison de couture a été rachetée fin 2017 par Artémis. Les Pinault contrôlent Kering, le deuxième plus grand groupe de luxe au monde, qui regroupe des marques phares telles que Saint Laurent, Gucci, McQueen et Bottega Veneta. Toutefois Artemis traverse actuellement une crise liée à son importante dette et, alors que sa direction a cédé ses parts dans Puma et que l’avenir de la maison Giambattista Valli reste en suspens, sa stratégie pour chacun de ses actifs est interrogée.
Le départ de Nicolas Di Felice est le dernier en date, après les récentes annonces des séparations d’Harris Reed d’avec Nina Ricci et de Marco De Vincenzo d’avec Etro. Fin janvier, Pieter Mulier avait annoncé son départ d’Alaïa… avant d’officialiser son arrivée chez Versace.

