La collection Croisière redéfinit l’identité de Fendi autour d’une approche de garde-robe partagée, centrée sur la Nouvelle Bourgeoisie.
Telle une fable suspendue entre rêve et architecture, Fendi présente la première collection Croisière 2027 de Maria Grazia Chiuri.
Son incarnation imaginaire, Suzie – inspirée de l’héroïne d’Histoire d’Eau de Jacques de Bascher – évolue lentement dans un immeuble rationaliste désert de la Rome du XXe siècle : un espace austère conçu pour capter le mouvement de la lumière, où vide et matière, géométrie et silence dialoguent sans cesse.
Les vêtements, à l’instar des silhouettes qui les portent, se fondent dans ce paysage immobile et fiévreux – abstrait et pourtant intensément réel. Vêtue de noir, couleur qui les englobe toutes, cette nouvelle Suzie apparaît comme une figure symbolique, puissante et distante. Enveloppée de plumes, elle parcourt l’immeuble par des gestes rituels évoquant la danse, les échecs, l’escrime et le théâtre.
Le film transcende l’opposition traditionnelle entre noir et blanc et couleur. Lorsque Suzie pénètre dans le bâtiment, elle entre dans un rêve. Les couleurs s’estompent, la réalité perd son ancrage et chaque détail acquiert l’aspect d’une vision. Le décor lui-même devient le véritable protagoniste. L’escalier occupe une place centrale, dominant les personnages, les guidant et les imposant. Il devient un mécanisme d’apparition et de disparition, symbole d’un voyage lent et inéluctable vers l’inconnu.
Au sein de cet espace suspendu émerge le véritable protagoniste du film : la beauté austère des vêtements, capable de s’imposer même face au marbre, face au temps et face à la fragilité des figures humaines.
Dans le silence du bâtiment rationaliste, on s’attend presque à ce qu’un lien se tisse entre Suzie et le spectateur, mais ce contact n’a jamais lieu. Lorsqu’elle quitte enfin le bâtiment, dépouillée de son plumage, elle ne semble pas revenir à la réalité. Au contraire, elle émerge d’un rêve pour en entrer dans un autre, se dissolvant dans le générique de fin comme une créature vouée uniquement au vol.

